Qui se souvient que le 1er vélo est né à…Saint-Etienne ?
Réputée dans l’Hexagone, au cours du XIXe et XXe siècles, grâce à
nos mines puis par notre équipe de football. Saint-Étienne fut
également la capitale du cycle notamment avec les fameuses Hirondelles
de Manufrance.
S’il ne reste que très peu de traces aujourd’hui à Saint-Étienne qui
rappel cet âge d’or de la petite reine, il faut aller au musée d’art et
d’industrie de la ville pour découvrir ce passé glorieux. Un étage est
dédié au vélo et à son histoire, à côté des armes et des rubans, autres
productions d’importance au fil des siècles.

C’est à Saint-Etienne que fut construite la première bicyclette
française, comme le raconte Anne Henry, responsable du département Cycle
du musée : « Après l’invention de la draisienne en
Allemagne en 1817, puis du vélocipède par Pierre Michaux à Paris en
1860, ce sont les Anglais et les Américains qui développent le concept
et inventent le grand-bi puis la bicyclette telle qu’on la connaît
aujourd’hui. En 1886, un coureur anglais, représentant la marque Rudge
Cycle Company fait une tournée publicitaire en France et va à la
rencontre des clubs vélocipédiques qui viennent de se créer dans les
grandes villes de l’Hexagone, afin de présenter la nouvelle invention et
susciter des commandes. À Saint-Étienne, les frères Gauthier vont
copier le modèle anglais et donner naissance au premier vélo français… »
Très rapidement, ces artisans, passionnés par ce nouveau moyen de
transport, sont sollicités par la Manufacture française d’armes. Quand ils ont vu que des artisans stéphanois produisaient cette nouvelle machine, ils ont tout de suite été intéressés ! »
Les frères Gauthier voient leur carnet de commande exploser, et ne
peuvent répondre à la demande. La manufacture décide donc de lancer un
département consacré aux cycles dans ses usines afin de fabriquer des
vélos. La production, jusque-là artisanale, devient industrielle.
Dès la fin des années 1880, la Manufacture des armes et cycles de
Saint-Étienne développe une gamme sous la marque Hirondelle, qui se
démarque par un design bien spécifique, étudié pour apporter un maximum
de confort aux cyclistes : guidons anti-vibrations, selles à ressort
pour amortir les chocs. Un nom qui désignera les policiers de l’époque qui patrouillaient sur ces vélos.
Dans le même temps, d’autres fabricants d’armes stéphanois
s’intéressent également à la fabrication de bicyclettes. Certains
proposent des vélos complets, d’autres mettent à profit leur
savoir-faire mécanique pour se consacrer à la fabrication de pièces
détachées, allant des pédaliers aux roulements à billes en passant par
les dynamos, éléments fabriqués à la chaîne qui servent ensuite à des
petites marques de vélos, qui ne fabriquent que les cadres, pour monter
des vélos.
« Ce savoir-faire local autour des armes et de la métallurgie, qui
font alors la force de la ville et de sa périphérie, permet à
l’industrie du cycle de se développer rapidement ici. Dès la fin du XIXe siècle, seuls les pneus et les selles ne sont pas fabriqués dans la ville ».
Dans les années 1920, âge d’or du vélo à Saint-Étienne, la ville
compte plus de 350 usines ou ateliers consacrés à l’industrie du cycle,
un maillage très dense qui emploie plusieurs milliers d’ouvriers et fait
de la cité forézienne la capitale du vélo en France.
Certaines marques développent la vente grand-public, d’autres
n’hésitent pas à développer des engins performants pour les sportifs, et
sponsorisent même des équipes professionnelles. C’est le cas par
exemple d’Automoto, qui a une formation à son nom sur le Tour de France
dès 1910, suivi en 1935 par la firme Mercier, qui poursuivra dans les
pelotons jusque dans les années 1970 avec, comme ambassadeur, Raymond
Poulidor.

Manufrance
lui mise sur le développement du vélo grand public, en popularisant
notamment – comme l’ensemble de l’industrie du cycle – sur un
personnage : Paul de Vivie, alias Vélocio, « un négociant de rubans arrivé à Saint-Étienne à la fin du XIXe siècle, qui s’est très tôt intéressé au développement du vélo » Après
la fabrication de la première bicyclette par les frères Gauthier, Paul
de Vivie lance sa propre marque, la Gauloise, et se prend de passion
pour ce nouveau moyen de transport, véritable outil d’émancipation pour
lui, permettant notamment de partir découvrir, en autonomie, les beautés
du pays.
L’âge d’or prend fin au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Dès les
années 1950, les ventes s’essoufflent, et c’est encore pire durant la
décennie qui suit, avec la démocratisation de l’automobile. À partir des
années 1980, la concurrence venue d’Europe de l’Est et d’Asie et la
vente de vélo dans les grandes surfaces condamnent définitivement
l’industrie du cycle à Saint-Étienne.
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