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samedi 17 décembre 2022

PORTRAIT: Marc Bétrancourt, collectionneur d'avions de légende à Albert dans la Somme


 Marc Bétrancourt c’est d’abord un industriel. C’est lui qui a repris l’entreprise paternelle avec sa sœur et maintenant son fils Luc. "Bétrancourt SA" fabrique et usine des pièces pour Airbus, situé à Méaulte juste à côté d'Albert dans la Somme.

Vous trouverez des pièces de chez lui dans tous les avions de la gamme de l’avionneur toulousain. Pensez-y la prochaine fois que vous volerez dans un Airbus. Mais Marc, son truc à lui est bien plus envahissant.

Marc collectionne !! Pas forcément les bons points, mais les timbres d’abord. Puis les cartes postales, les boîtes d'allumettes, et même les paquets de cigarette. Et puis progressivement, il tombe dans une certaine passion de tout ce qui est industriel. Des machines-outils, des moteurs et même des machines à coudre : oui, il y en a environ 350 dans l’un de ses trois immenses hangars. Et on peut multiplier ce chiffre par 10 en ce qui concerne les maquettes d’avions.

Petites ou grandes, elles ont toutes une histoire. Comme celle qui a servi dans le film "L’étoffe des héros" qu’il a fait venir de Los Angeles et dont il est très fier !


Et puis Marc rend un hommage considérable à sa ville.

"Albert est une ville industrielle. On a de grands noms dans ce domaine qui ont fait sa renommée. Les vélos Hurtu ou Rochet, les machines GSP, les caravanes Henon ou les avions Potez. Tiens d’ailleurs regarde on a aussi une réplique du Blériot XI."

Vous me direz que, jusque-là, c’est beau mais pas exceptionnel. Je vous l’accorde. Attachez vos ceintures maintenant on rentre dans une zone de turbulence. Direction le plus grand des hangars situés en arrière du jardin. Là, vous pouvez compter la taille d’au moins deux terrains de foot. Et dedans… Environ 40 avions ! Oui oui…



Des plus petits comme cet ULM utilisé par Henri Pescarolo (pilote mythique des 24h du Mans auto) pour son tour de France dans les années 80 au Dakota C47 qui a servi notamment au Débarquement de Juin 1944.

Entre deux, vous trouverez un Mirage 4 (2340 km/h, 25 m de long) qui portait l’arme atomique ou alors l’un des deux planeurs oranges dans lesquels Bourvil et De Funès se sont envolés à la fin de "La Grande Vadrouille" . Et c'est le vrai du film !!

 Quelques hélicoptères aussi dont ceux visibles dans les films de la Guerre du Vietnam (le Sykorski H-34), ou alors un réacteur de Boeing 747. Quelques autos aussi, dont un camion de pompier américain, une Bentley du parc auto du château de Balmoral en Écosse.

Et au milieu de tout cela, Marc se promène avec des anecdotes plein la bouche.

"Cet avion je l’ai fait venir en kit, il a fallu tout démonter. Les ailes, les moteurs, les gouvernes. On a fait venir un convoi exceptionnel toute la ville était bloquée."

Marc

Cet avion c’est le fameux Mirage 4 aux dimensions exceptionnelles. Et le pire, c’est que ça rentre toujours.

"On a d'abord mis tous les avions en place et ensuite on a construit le bâtiment tout autour. C'était plus simple pour nous mais pas pour ceux qui ont l'ont construit"

Marc Bétrancourt, collectionneur d'avion.

Dehors, en plein air vous trouverez 5 Noratlas de l’armée de l’air. Cet avion c’est l’ancêtre du Transall et de l’actuel Airbus A400M. C'est la plus grande concentration de ces avions dans le monde. 

Mais le bouquet final, c’est la fameuse Caravelle.

Marc l’a reçue du Musée de l’air de Nancy qui cherchait un endroit où la stocker. Il a levé la main et la voici donc à Albert !!.

"La Caravelle c’est le fleuron de l’aéronautique européenne. Elle a été construite par Sud-Aviation qui deviendra ensuite Aérospatiale. L’antichambre d’Airbus… Ces Caravelle sont les premiers avions à réaction français."

Celle qui est présente ici compte 40000 heures de vol et à été baptisée "Touraine"

C’est une tradition chez Air France de donner des noms de villes ou de régions à ses avions.

"Touraine" a clôturé en 1981 le dernier vol des Caravelle chez Air France avec le vol Amsterdam-Roissy. Tout est resté tel quel à l’intérieur, les couleurs roses des sièges éco, le cockpit avec ses boutons mécaniques, ses coffres à bagages où juste un sac à main pourrait rentrer. Et puis, la lignée de l’appareil est d’époque avec ses lettres bleues et son logo si vintage qu’il redeviendrait ultra tendance aujourd’hui.

"Là, j'ai concrétisé un rêve d'enfant ! Quand j'étais petit au lieu de faire mes devoirs je regardais les avions rouler et décoller à l'aérodrome d'Albert. Maintenant, ils sont dans mon jardin !"








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