En Bretagne, on se prépare à lutter contre les incendies qui se multiplient un peu partout. Une énorme coque de flotteur est sortie de l’usine Multiplast, le jeudi 23 juillet, à Vannes. Elle va être utilisée pour donner naissance au premier bombardier d’eau amphibie français.
Une belle pièce en carbone qui pèse entre 400 et 500 kilos, qui mesure 18 mètres de long, deux mètres de haut et près de deux mètres de large
L’ entreprise Multiplast est spécialisée dans les matériaux composites. Elle est une référence dans la construction de bateaux, de maxi-trimarans de course, mais cette fois, les équipes travaillent pour l’aéronautique, et c’est une innovation importante. Leur flotteur va être utilisé pour donner naissance au premier bombardier d’eau amphibie français pour renforcer la lutte contre les incendies.
Ce projet a été imaginé par la société Positive
Aviation, présidée par Laurent Schmitt. "Cette coque va rentrer en
assemblage, à Nantes, pour former un flotteur, dit-il. Et une fois ce
flotteur assemblé, dans deux mois, ce flotteur va être
transféré à Toulouse, où il sera équipé de trains d'atterrissage et
ensuite installé sous un avion de ligne, un ATR72, car non, il n’y a pas
qu’Airbus à Toulouse !!
Cette transformation donnera lieu, d'ici la fin de l'année, au FF72, doté des mêmes capacités que les Canadairs."
Il pourra transporter huit tonnes d'eau, et ses réservoirs pourront se recharger en douze secondes à la surface d'un lac, d'une rivière ou de la mer, pour larguer cette eau afin de "souffler les incendies".
Le FF 72 sera mis en service à l'été 2029 aux États-Unis. Une société privée américaine en a déjà commandé dix. Ce n'est pas le choix de la France qui mise sur les Canadairs, et c'est un regret pour Yann Penfornis, le directeur général de Multiplast. "Aux États-Unis, ce sont des sociétés privées qui se chargent de la lutte contre les incendies, précise-t-il. On peut imaginer qu'à Los Angeles, le riche propriétaire pourra demander à ce que son quartier soit arrosé et pas le quartier d'à côté. Heureusement, en France, cela ne fonctionne pas comme ça. C'est la sécurité civile qui s'occupe de tout ça et je pense que ce bombardier d'eau peut être une corde de plus à l'arc de la sécurité civile."
Dès 2030, douze bombardiers d'eau sortiront de leur usine chaque année et ils devraient coûter deux fois moins cher que les Canadairs.

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